Les noms de famille du bordelais présentent les mêmes types que ceux du reste de la France : noms de métiers, de saints, d'origine géographique, sobriquets etc ... Toutefois les noms d'origine gauloise y sont en proportion plus nombreux qu'ailleurs du fait de l'importance des noms gaulois dans la toponymie du bordelais. La plupart des noms de la région de bordeaux finissant en -AC ( contraction du gallo-romain ACUM, qui signifie "chez" ou "domaine de" ) sont d'origine gauloise. La construction en est simple : nom + acum. Par exemple pour PODENSAC le nom est POTENTIUS ( qui signifie le riche, le puissant ) plus ACUM, domaine de , donc PODENSAC = domaine de Potentius. Pour PAUILLAC, Paulius + acum, domaine de Paulius. A cette époque les domaines de ces très riches propriétaires faisaient facilement plus de mille hectares et c'est une population de plusieurs centaines d'âmes qui vivaient sur chacune pratiquement en auto-suffisance. Vu la stabilité des populations de la région jusqu'au moyen âge, il est amusant de noter que ceux qui ont pour patronyme le nom de leur lieu d'origine gaulois de la région de bordeaux ont des chances non négligeables d'être de vrais descendants d'ancêtres gaulois ... Du fait de l'importance de l'invasion wisigothique dans le sud ouest, les noms d'origine germanique semblent y être plus nombreux qu'ailleurs. Ces noms germaniques conservaient au moyen âge en terre bordelaise un prestige important. Ainsi le futur pape Clément V naquit non loin de Bordeaux sous le nom de Bertrand de GOTH, sa famille conservant donc alors un nom évoquant fièrement son origine ethnique. Les noms de métiers semblent avoir été créés moins nombreux en dehors de bordeaux qu'à bordeaux même. Pour les sobriquets c'est l'inverse. Enfin les noms de saints sont un peu moins nombreux qu'ailleurs en France.
Nous allons essayer ci-dessous de donner pour les noms du bordelais leurs signification, histoire et origine :
ABADIE : signifie "abbaye". Ce patronyme désignait au moyen âge les familles qui travaillaient ou vivaient sur les terres d'une abbaye. De tels patronymes indiquaient en même temps un statut privilégié de ces familles. Les établissements religieux fort riches accordaient en effet des conditions de vie meilleures que celles des serfs dépendant d'un seigneur. Parfois même certains s'y réfugiaient pour échapper à l'arbitraire seigneurial. C'est sous l'influence de l'église que seront d'ailleurs créées les sauvetés véritables refuge pour les personnes pourchassées par un seigneur. Variantes : LABADIE - DABADIE
ABBAT : du gascon, abbé. Ce patronyme ne désigne jamais le titutlaire d'une telle fonction, qui étant noble le plus souvent avait donc un nom personnel. Au XIème siècle on trouve indifféremment les formes ABET et ABAT issues du latin médiéval ABBATIS. Les abbayes étaient présentes partout sur le territoire au moyen âge, et leurs abbés étant des hommes fort puissants, nul homme du peuple ne se serait risqué à utiliser le nom d'abbé comme patronyme sobriquet d'un paysan par exemple un peu trop gras. En fait ce nom désignait les hommes de l'abbé, spécialement ceux que cet ecclésiastique par définition pacifique ne voulait pas nommer par le nom de leur fonction, les hommes chargés de défendre l'abbaye, ses hommes d'armes.Variantes : ABBAT - ABBET -
ARQUE : parfois le fabricant d'arc, mais le plus souvent l'utilisateur c'est-à-dire l'archer militaire. Les formes avec un "i" sont du XVème siècle. La forme "archer" apparaît fin 16ème s. Les archers étant très recherchés pour leur habileté, ils étaient souvent exemptés d'impôts. Variantes : Arquié - Larquié - Larqué - Larquier
ARTIGUE : vient de l'aquitain artica, friche. Désignait au moyen âge - dès le IXème siècle - des terres défrichées puis exploitées en les laissant reposer en friche à tour de rôle. Par extension les familles qui exploitaient ces terres. Variantes : DARTIGUE(S) - LARTIGUE(S) -
AUBERT : vient d'un surnom de guerrier wisigothique : AU de adal, noble, BERT de behrt, brillant célèbre . Variantes : AUDIBERT - AUBERT
BACHET : du gaulois baccios, bateau plat servant à passer les rivières, par extension surnom de passeur de petits cours d'eau et de la maison où ils habitaient là où la route arrivait à la rivière. Le guide d'Amaury Picot à usage du pélerin de St Jacques du XIIIème siècle indique que les passeurs du sud ouest pratiquaient des prix particulièrement élevés. Variantes : BACHE - BASCHE - BASCHET
BALESTA : du latin médiéval ballestra, arbalète. Nom d'arbalétrier, plus rarement de fabricant d'arbalètes. Variantes : BALESTER - BALESTRIER - BALESTIER - BALLESTRE - BALISTRE